Le chocolat envahit l’Europe

Après l’Espagne, la France fut le premier pays d’Europe à succomber à la folie du chocolat.
En 1615, la princesse espagnole Anne d’Autriche épousa le jeune roi Louis XIII. Parmi les cadeaux qu’elle lui offrit, il y avait une boîte de ces légendaires tablettes de cacao espagnoles, dont elle était friande.

La cour ne suivit pas vite sa passion mais, après la mort de son mari en 1643, les invitations chez Anne d’Autriche à boire le chocolat étaient très chic et très prisées.
En 1660, une autre princesse espagnole, Marie-Thérèse, épousa Louis XIV, le fils d’Anne. Elle apporta elle aussi du chocolat à une cour désormais conquise. En France comme en Espagne, le chocolat restait l’apanage des grands. Dans les autres pays d’Europe, la richesse allait de paire avec commerce, et non avec l’aristocratie ; l’usage était différent.

Au début XVIIeme siècle, les Hollandais, habitués à braconner sur les possessions espagnoles, se rendirent rapidement compte de la valeur du cacao et Amsterdam ne tarda pas à devenir le port principal pour ce commerce. Encore aujourd’hui, vingt pour cent de la production mondiale de fèves de cacao y transite. La Hollande est le premier pays exportateur de poudre et de beurre de cacao ainsi que de chocolat.

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D’Amsterdam, le cacao se rendit en Allemagne, en Scandinavie et jusqu’en Italie. les Italiens raffinèrent encore la boisson et leurs fabricants furent renommés en Europe.

L’Autriche importait encore son cacao d’Espagne lorsque le futur roi Charles d’Espagne revint à Vienne en 1711 pour devenir l’empereur Charles VI. Ce fut alors seulement que le chocolat devint une véritable boisson nationale, pour la simple raison que le gouvernement autrichien taxait peu le produit. Partout ailleurs, le cacao était une importante source de profits.